François-René de Chateaubriand, un écrivain, militaire et homme politique

Tombe de François de Chateaubriand avec vue sur mer

Chateaubriand fut un homme politique influent mais la postérité gardera de lui le souvenir d’un écrivain de talent, précurseur du mouvement romantique. Issu de l’aristocratie bretonne, conservatrice et pieuse, il méprise le rationalisme matérialiste des Lumières. Étant donné que notre hôtel à Saint-Malo est lié à son histoire, nous allons vous présenter brièvement François-René de Chateaubriand.

Une enfance morose dans le château de Combourg

François-René de Chateaubriand naît le 4 septembre 1768 à Saint-Malo dans une famille aristocratique bretonne dont la fortune est liée au commerce colonial mais vit chez sa grand-mère à Plancoët, loin de ses parents.

En 1777, la famille s'installe au château de Combourg où il passera une enfance qu'il décrit lui-même comme morose auprès d’un père taciturne et d’une mère maladive mais très cultivée.

À 17 ans, il devient sous-lieutenant au régiment de Navarre commandé par son frère. Après cette aventure militaire, il monte à Paris et commence sa carrière littéraire en écrivant des vers pour l'Almanach des Muses.

En 1789, il assiste à la prise de la Bastille avec ses sœurs Julie et Lucile et il participe aux États de Bretagne.

Le départ de France

Il quitte la France révolutionnaire deux ans plus tard pour le Nouveau Monde dans le but de chercher le passage du Nord-Ouest. Il découvre l’Amérique du Nord et la population autochtone avec qui il vit parfois. Son poème des Natchez date de cette époque.

En 1792, il part à Coblence avec l'armée des émigrés après avoir épousé Céleste qui reste en Bretagne et qui est arrêtée. Blessé au siège de Thionville, Chateaubriand part en convalescence à Jersey. Cette blessure signe la fin définitive de sa carrière militaire.

Il part ensuite à Londres où il effectue des traductions pour les libraires et il donne des leçons de français pour survivre.

En 1797, il rédige l'Essai historique, politique et moral sur les révolutions anciennes et modernes, considérées dans leurs rapports avec la Révolution française. Cet ouvrage peu connu, passe totalement inaperçu de la critique et exprime des idées décalées par rapport à celles qu’il exprimera par la suite.

Le retour en France

En 1800, sous le Consulat de Bonaparte, il rentre en France et dirige la revue le Mercure de France où son roman Atala paraît en 1801 et connaît un certain succès.

Peu de temps après, il publie le Génie du Christianisme qu’il avait commencé à rédiger en Angleterre et dont Atala et René étaient à l’origine des épisodes.

Chateaubriand est royaliste et sera nommé ministre des Affaires étrangères sous la Restauration.

Mais sa notoriété, il la connaît dans le domaine littéraire. Son analyse des sentiments et ses descriptions de la nature serviront d’inspiration aux écrivains romantiques. Victor Hugo aurait dit alors qu’il était enfant : « Je veux être Chateaubriand ou rien ».

Dans René ou les Effets des passions, il est le premier à formuler le « vague des passions » qui sera l’essence même du romantisme. René devient même le personnage emblématique de cette nouvelle prose, ample et rythmée, que d’aucuns qualifieront d'ampoulée.

Dans Atala et les Natchez, il évoque l'Amérique du Nord et son goût pour l'exotisme et dans Itinéraire de Paris à Jérusalem, il retrace le récit de son voyage en Méditerranée.

Chateaubriand meurt à Paris le 4 juillet 1848. Les Mémoires d'outre-tombe publiées à titre posthume entre 1849-1850 restent une œuvre majeure qui est à la fois un témoignage historique important et un chef-d'œuvre autobiographique.

En savoir plus :
Un week-end pour chineurs à Saint-Malo avec la braderie du Secours Populaire et de la Croix Rouge